La thérapie d’acceptation et d’engagement n’est pas réservée aux adultes. Voici pourquoi et comment l’adapter aux plus jeunes et à leurs parents.
Les enfants et les adolescents d’aujourd’hui évoluent dans un monde exigeant et compétitif — l’école, les réseaux sociaux, le culte de la performance — qui peut précocement altérer l’estime de soi et nourrir anxiété de performance, phobie scolaire ou sociale, dépression, ou encore mal-être lié à un trouble du neurodéveloppement comme l’autisme ou le TDAH. C’est le constat que dresse Mehdi Liratni, docteur en psychologie et thérapeute cognitivo-comportemental spécialisé dans l’ACT, dans son ouvrage Adapter la thérapie ACT pour les enfants, les adolescents et leurs parents (Dunod, 2021) — le premier livre en français dédié à cette transposition.
Ce que l’ACT apporte aux plus jeunes
L’ACT (thérapie d’acceptation et d’engagement), approche phare de la troisième vague des thérapies cognitives et comportementales, ne vise pas à supprimer les pensées et émotions pénibles, mais à développer la flexibilité psychologique : la capacité d’accueillir ce qui se passe à l’intérieur de soi sans en être dirigé, et d’agir en accord avec ses valeurs. Six processus structurent ce travail : la défusion des pensées, l’acceptation des émotions, l’attention flexible au moment présent, le soi observateur, les valeurs et l’action engagée.
Appliquée aux enfants et aux adolescents, cette logique devient un véritable outil de prévention : plutôt que d’apprendre très tôt à lutter contre leurs émotions ou à les éviter, les jeunes découvrent qu’ils peuvent les traverser — et continuer d’avancer vers ce qui compte pour eux. L’ACT propose ainsi une alternative à l’évitement expérientiel, ce mécanisme qui, installé dans l’enfance, entretient tant de souffrances à l’âge adulte.
Trois adaptations essentielles :
Des métaphores concrètes et vivantes. L’enfant ne conceptualise pas comme un adulte : défusion, acceptation ou valeurs passent par des images, des histoires, des jeux. L’art du thérapeute ACT consiste à traduire chaque processus en expérience concrète et ludique.
La prise en compte du développement. Attention plus courte, langage en construction, capacité d’introspection variable selon l’âge : la conduite de la séance s’ajuste au stade développement de l’enfant ou de l’adolescent, et la conceptualisation de cas doit intégrer ces particularités.
Les parents comme co-thérapeutes. C’est peut-être l’adaptation la plus puissante. Invités à comprendre la logique ACT et à l’appliquer eux-mêmes, les parents deviennent des alliés qui prolongent la thérapie dans le quotidien familial — et changent souvent, au passage, leur propre rapport aux émotions. L’ouvrage de Mehdi Liratni montre comment articuler ce travail à trois.
Pour aller plus loin avec Cipsy :

Cécile Rossignol, psychologue clinicienne, chargée d’enseignement universitaire et spécialiste de la troisième vague des TCC, propose chez Cipsy la formation « Thérapie d’acceptation et d’engagement ACT chez l’enfant et l’adolescent et leurs parents » (2 journées, 14 heures, en ligne).
Au programme : les techniques d’acceptation, de défusion, d’attention flexible et de soi observateur adaptées aux enfants et ados ; les valeurs et l’action engagée chez l’ado et chez les parents ; la posture du thérapeute ACT ; et la conceptualisation de cas avec supervision — avec scripts d’exercices, métaphores, études de cas, jeux de rôles et démonstrations.
Prochaines sessions : les 23 et 24 octobre 2026, puis les 29 et 30 janvier 2027 et les 26 et 27 novembre 2027.
→ Pour en savoir plus et vous inscrire : https://cipsy.fr/event/act-chez-lenfant-et-ladolescent-et-leurs-parents/
Nous serions ravis de vous retrouver pour continuer à grandir ensemble dans nos pratiques.
L’équipe de Cipsy
Sources : Mehdi Liratni, « Adapter la thérapie ACT pour les enfants, les adolescents et leurs parents », Dunod, coll. « Les Ateliers du praticien », 2021 (notices éditeur et libraires) ; page formation Cipsy « Thérapie d’acceptation et d’engagement ACT chez l’enfant et l’adolescent et leurs parents » (programme, formatrice, sessions, consultée le 28 septembre 2026).